Femi(NI)cide ?!

Fémicide ? Féminicide ? 

Ou tout simplement homicide de femme ?

Pourquoi a-t-on eu besoin d'inventer un nouveau terme pour parler de meurtres de femmes ?

Début des années ’90, Diana Russell met pour la première fois des mots sur ce phénomène loin d'être récent. Elle parle de fémicide, autrement dit le « meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme ». C’est aussi comme cela que l’entend l’OMS : «tout meurtre de filles ou de femmes au simple motif qu’elles sont des femmes ».

Le fémicide serait le pendant féminin de l’homicide ? Non, c’est plus que cela ! 
C’est pour mettre l’accent sur d’autres caractéristiques que ce terme a été adapté et est souvent utilisé sous la dénomination féminicide. Pour insister sur la violence structurelle dont sont victimes les femmes et sur le fait qu’« il s’agit d’un crime de genre, misogyne, de haine contre les femmes qui jouit d’une grande tolérance sociale » comme l’explique Marcela Lagarde, anthropologue et féministe mexicaine.

Ces actes reflètent une « certaine vision de la femme, une vision machiste, misogyne » de la part de la société mais aussi de l’Etat qui ne fournit pas suffisamment de garanties pour la sécurité des femmes « dans les lieux privés, au travail, dans des espaces de loisir ou dans l'espace public » et ne punit pas – ou bien trop peu – les cas de féminicides.

Pour cela, il semble essentiel de changer les bonnes vieilles habitudes, de supprimer « drame conjugal », « meurtre de femmes » de notre vocabulaire, de ne plus en parler comme d'un « fait divers » mais d'appeler un féminicide un féminicide !